Choisir un condensateur : céramique, électrolytique ou tantale

Après les résistances, les condensateurs sont les composants les plus présents sur une carte. Ils stockent l’énergie, filtrent le bruit et laissent passer l’alternatif — mais un mauvais type au mauvais endroit provoque des pannes difficiles à diagnostiquer.
Céramique : le découplage
Les condensateurs céramiques multicouches (MLCC) vont de quelques picofarads à quelques microfarads. Ils n’ont pas de polarité, coûtent presque rien et réagissent très vite. C’est pourquoi le fameux 100 nF placé au plus près de chaque circuit intégré est toujours céramique. Méfiez-vous des diélectriques Y5V, dont la capacité s’effondre avec la tension appliquée : préférez du X7R.
Électrolytique : le réservoir
Les électrolytiques aluminium offrent de fortes capacités — 10 à 4700 µF — pour un prix réduit. Ils sont polarisés : la patte négative est repérée par une bande claire, et une inversion provoque une explosion. Ils vieillissent, surtout près d’une source de chaleur, et sont la première pièce à suspecter dans une alimentation défaillante.
Tantale : compact mais susceptible
Le tantale offre une grande capacité sous un faible volume, avec une excellente stabilité. Il supporte en revanche très mal les surtensions et les inversions : on le dimensionne toujours avec une tension nominale au moins double de la tension de service.
Les règles de dimensionnement
- Choisissez une tension nominale ≥ 1,5 à 2 fois la tension réelle.
- Sur une alimentation à découpage, regardez l’ESR : trop élevée, le condensateur chauffe et l’ondulation persiste.
- Un condensateur gonflé ou suintant se remplace sans discussion.
À retenir
Céramique X7R pour découpler au plus près, électrolytique pour lisser en entrée, tantale quand la place manque. Et gardez en tête la règle qui résume tout : un condensateur loin de la broche qu’il protège ne sert à peu près à rien.
